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 Hommage aux Résistants 


Dimanche 1er septembre, l'hommage a été marqué par plusieurs cérémonies officielles sur quatre sites, ponctuées de dépôts de gerbes de fleurs au pied des stèles, allocutions, minutes de silence, sonneries aux morts, chants des Partisans et La Marseillaise.
 
Stèle du Cluzel (Le Mayet). Jean-Paul Bargoin, adjoint au maire  du Mayet, a relaté l'arrestation de Claude Mondière, à Lavoine, le 24 juin 1944, jour du baptême de sa fille, ralliant à pied, encadré par des SS, la colonie de La Roche, au Mayet, pour être ensuite fusillé, ici dans le bois du Cluzel, où son corps fut retrouvé le 12 septembre 1944.

Stèle Tachon (La Chabanne). Dépôt de gerbes par l'ANACR de Vichy et la municipalité de La Chabanne devant la stèle érigée sur les lieux mêmes où fut tué tragiquement, le 29 août 1944, le jeune Tachon, âgé de 25 ans.

Stèle Riboulet (Ferrières). Henri Diot a rappelé l'arrestation de François Riboulet, résistant, le 22 septembre 1944, alors qu'il revenait d'assister aux obsèques d'un ami. Déporté en Allemagne, il est décédé au camp de Buchenwald le 13 mai 1945.



 
ALLOCUTION STELE FRANCOIS RIBOULET 1ER SEPTEMBRE 2019

Mesdames, Messieurs, chers Amis de la Résistance,

Dans le Journal Officiel publié le 17 août 1955, on peut lire cet extrait du décret en date du 6 août, portant nomination dans la Légion d'Honneur :
« Sont nommés dans l'Ordre national de la Légion d'Honneur, au grade de Chevalier à titre posthume : Riboulet François, lieutenant
Magnifique patriote, membre des Forces Françaises de l'Intérieur. Arrêté pour faits de résistance le 22 novembre 1943 a été interné jusqu'au 17 janvier 1944 puis déporté le 18 janvier 1944 dans un camp de concentration où il est mort glorieusement pour la France le 13 mai 1944 »
Nous sommes rassemblés devant cette stèle, érigée à quelques pas de la maison où il vécut, dans la rue principale du bourg, qui porte son nom, afin de rendre un hommage à celui qui fut un héros, un martyr et un exemple que nous ne devons surtout pas oublier.
Lundi 22 novembre 1943, ce jour-là, une partie de la population de Ferrières était rassemblée à l'église à l'occasion des obsèques d'un de ses habitants, Monsieur Sertonget. François Riboulet était parmi l'assistance et ne se doutait pas du drame qui se nouait en même temps, à son domicile. Depuis 11h, trois agents de la Gestapo accompagnés d'un interprète, sans doute informés par un dénonciateur, l'attendent pour l'arrêter. Le piège était inexorable. François Riboulet était un personnage clé de la Résistance en Montagne Bourbonnaise. C'est chez lui que se rencontraient les chefs des maquis environnants, et son fils Jean-Baptiste était lui-même impliqué dans le réseau des « Petites Ailes », et fabriquait des postes émetteurs-récepteurs pour les Résistants avec Roger Kespy, dit « Favard » puis« Mesmin », à son domicile de Vichy. Il y était d'ailleurs ce jour-là et évita à coup sûr d'être lui-même arrêté.
Emmené à Vichy pour interrogatoire, François Riboulet est interné, puis transféré à la sinistre prison de la Mal-Coiffée à Moulins jusqu'au 17 janvier. Il est ensuite déporté à Buchenwald où il devient le numéro de matricule 40353. Il restera au camp central jusqu'à son décès le 13 mai 1944.
Il fait partie des 56 000 victimes sur 250 000 prisonniers de ce camp dont le nom même est synonyme d'horreur et de barbarie.
Assurément, François Riboulet ne méritait pas un tel sort tragique. Il était un brave homme, dans le meilleur sens du terme. Enfant de Ferrières où il est né en 1886,  il acquiert une formation de menuisier-charpentier auprès de son père.
Lorsqu'il est recensé, en 1906, il exerce le métier de coiffeur et aussi de musicien.
En 1909, à Ferrières sur Sichon, il fonde la fanfare l'Amicale qui compte une quinzaine de musiciens dont il est le directeur .
Pendant la guerre 1914-1918, il est affecté comme coiffeur, en décembre 1914, puis musicien, en novembre 1916 et partira en Orient, en décembre de la même année. Evacué d'Orient, il est hospitalisé à Saint Mandrier, fin septembre 1917.
A la fin de la guerre, il s'installe coiffeur au bourg. En 1919, il sera élu conseiller municipal puis, à partir de 1925, adjoint au maire. Excellent trompettiste, il composait lui-même et dirigera, à nouveau, l’Amicale Fanfare de Ferrières sur Sichon.
C'est cet altruisme, et son amour profond pour la Patrie qui le poussent sans hésitation à entrer dans la Résistance dont il devient, nous l'avons dit, un élément incontournable dans la région.
Il a eu la lucidité nécessaire pour analyser la situation dans les années 40, croire en une victoire possible contre l'envahisseur, et s'opposer à la politique du Maréchal Pétain de plus en plus à la botte des nazis.
Il a eu le courage de refuser la défaite, l'occupation et le pillage de notre territoire, la honte de la collaboration.
Il a choisi de résister pour rétablir la République, la justice, la dignité de l'Homme.
Sa droiture et ses convictions l'ont conduit au sacrifice suprême.
François Riboulet devait être un père bienveillant, un mari attentif, un conseiller municipal et un adjoint soucieux du bien-être de ses concitoyens. Il a sans aucun doute laissé un grand vide dans sa famille et son entourage. Quelle immense tristesse a dû ressentir son épouse lorsqu'un compagnon survivant de Buchenwald lui a rapporté l'alliance que lui avait confiée François. Et on comprend le désir de vengeance qu'a éprouvé son fils Jean-Baptiste, lui aussi très impliqué dans la Résistance, contre celui qui fut à l'origine de l'arrestation de son père.
Nous n'en sommes plus au temps du ressentiment, même si rien ne doit être oublié. Une stèle, une plaque sur la maison, une rue à son nom, est-ce donc tout ce qu'il reste de François Riboulet ? Assurément, non. Son combat et son martyr n'auront pas été vains, comme n'a pas été vain le sacrifice de tous les Résistants. Ceux qui ont eu le courage de dire NON à l'ordre imposé par les nazis et le gouvernement complice de Pétain ont, non seulement participé efficacement à la victoire et à la libération, mais aussi au rétablissement des valeurs de la République, qui constituèrent le socle du programme du Conseil National de la Résistance, et aujourd'hui le ciment de notre système social et politique. Ils sont l'honneur de la France, un exemple pour les jeunes générations pour lesquelles ils se sont battus, nous devons encore chaque jour, et particulièrement dans le contexte actuel inquiétant à bien des égards, nous appuyer sur les valeurs qui les animaient, pour la liberté, pour la paix, pour la dignité de l'Homme, ne pas oublier ces temps pas si lointains.
Pour terminer, je vous laisse méditer ces paroles de William Shakespeare
« La mémoire est la sentinelle de l'esprit, mais il arrive que la sentinelle s'endorme et pire, qu'elle ferme les yeux. »
Mesdames, Messieurs, je vous remercie de votre attention.

   
Stèle du Caco (Lavoine).
Joseph Blethon, président du Comité des 80 parlementaires, puis Jacky Laplume, président départemental de l'ANACR ont insisté sur le devoir de mémoire et souhaité plus de fraternité entre les peuples. Accompagnées de Jean-Dominique Barraud, maire de Lavoine, deux jeunes filles du village ont lu, pour conclure ces cérémonies, le poème « Liberté » de Paul Eluard.

Un repas à l'Auberge des Bois Noirs a clos cette journée du souvenir.




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