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 Journée du Souvenir 


Dans le cadre de la journée du souvenir en mémoire des déportés et résistants de la Montagne Bourbonnaise, l'ANACR et le Souvenir Français ont organisé le dimanche 22 juillet une cérémonie à la stèle François RIBOULET. L'occasion pour Henri DIOT, conseiller municipal et membre de l'ANACR de rendre hommage au résistant Farréraud.


 


« SI VIVRE C'EST AGIR, ALORS S'ENGAGER C'EST CONSTRUIRE SA VIE ».

Cette phrase que l'on doit à Patrick Poivre d 'Arvor colle parfaitement au parcours de François Riboulet, dont nous honorons aujourd'hui la mémoire.

En effet, l'engagement n'était pas pour lui un vain mot. Au service des autres par ses activités professionnelles d'abord, il fut menuisier-charpentier puis exerça le métier de coiffeur à Ferrières.

Dès 1909, alors qu'il n'a que 23 ans, il fonde la fanfare dénommée « l'Amicale »qu'il dirige avec brio, étant lui-même excellent musicien. Pour ce dévouement auprès des jeunes, il sera décoré des Palmes Académiques en 1939.

Durant près de 5 ans, il servit la France au cours de premier conflit mondial, notamment en Orient, d'où il fut évacué en septembre 1917. Démobilisé le 31 mars 1919, il reprend son métier et ses activités associatives à Ferrières. Ses qualités humaines le portent alors au Conseil Municipal , il devient adjoint au maire en 1925. François Riboulet était au cœur de la vie sociale de Ferrières, il était estimé et écouté.

Il avait aussi des convictions profondes. Parmi celles-ci, la foi en la République et l'attachement aux droits de l'Homme. C'était un humaniste, il ne supportait pas l'injustice.

Georges Clémenceau disait : «ON NE S'ENGAGE DANS UNE ACTION QUE POUR AGIR, NON POUR RECULER ».

François Riboulet n'était pas homme à se renier. 

Aussi, quand le sort de la France bascule aux heures sombres de la débâcle en juin 1940, il se place d'emblée du côté de ceux qui refusent la défaite puis le gouvernement autoritaire et collaborateur de Pétain. Son fils Jean-Baptiste participe dès l'hiver 1940-41 à la fabrication de postes émetteurs-récepteurs destinés à la Résistance avec Roger Kespy. Ce dernier est à l'origine des premiers maquis de la Montagne Bourbonnaise, à Châtel-Montagne dès février 1943, puis dans les Bois Noirs en juillet de la même année . Le domicile de François Riboulet est alors un point de chute pour les chefs de ces maquis qui s'y retrouvent pour coordonner leurs actions. Cette fonction de « boîte aux lettres » comme on disait alors dans la Résistance, n'est pas sans danger, d'autant plus qu'à Ferrières sévissent des miliciens redoutables.

Mais François Riboulet a choisi son camp, il ne se résigne pas à supporter la collaboration de plus en plus active du gouvernement dirigé par Pétain et Laval. Au cours d'une séance du conseil municipal, un des conseillers, dont le fils est justement milicien, propose de rédiger une lettre de félicitations à Pierre Laval pour la création de la Milice en janvier 1943. François Riboulet, qui mesure parfaitement le risque encouru, mais n'écoutant que sa conscience, s'oppose avec véhémence à cette proposition et convainc la majorité des conseillers de refuser une telle proposition. Vexé de cette humiliation, le conseiller désavoué aurait alors proféré  cette menace :  « Tu le paieras cher, Riboulet !»

En effet, le prix à payer pour avoir exprimé sa fidélité aux valeurs de la France républicaine fut exorbitant ! La Résistance s'était implantée dans la Montagne Bourbonnaise en cette année 1943, bien aidée par une population locale qui n'hésita pas à fournir abris, ravitaillement, renseignements aux combattants de l'ombre. La répression fut impitoyable. Le 15 novembre 1943, une attaque d'envergure fut menée par les troupes du gouvernement de Pétain dans le secteur Ferrières-La Guillermie-Lavoine. Si les maquisards purent passer entre les mailles du filet, Claude Vallas et Fred Laurent furent arrêtés à Lavoine. Et le 22 novembre, jour de la sainte-Cécile, patronne des musiciens, ironie du sort, c'est au tour de François Riboulet d'être arrêté à son domicile par les agents de la Gestapo. Conduit à Vichy pour y être interrogé, puis emprisonné à la Mal-Coiffée à Moulins, François Riboulet est interné à Compiègne avant de connaître le sort terrible des déportés dans le sinistre camp de Büchenwald. Livré au sadisme des gardiens, subissant l'entreprise impitoyable de  déshumanisation des déportés, François Riboulet y décède le 13 mai 1944.

Il aura donc payé de sa vie son engagement au service des valeurs défendues par la Résistance : amour de la Liberté, de l'Egalité, mais aussi attachement à la justice, à la fraternité, à la dignité humaine. Reprises dans le programme du Conseil National de la Résistance, ces valeurs donnent son sens au combat et à l'engagement d'hommes comme François Riboulet, qui, comme tant d'autres à toutes les époques, ont lutté contre toutes les formes de sujétions, contre toutes les tyrannies, contre toutes les doctrines qui dressent les hommes les uns contre les autres.

Ce combat demeure très actuel, l'engagement est aujourd'hui essentiel alors que les dangers  grandissent de par le monde, que les idéologies dont tout le mal est venu reprennent vigueur aux quatre coins de l'Europe; aujourd'hui plus que jamais, souvenons-nous des mots du poète-résistant Pierre Seghers :

« JEUNES GENS QUI ME LISEZ PEUT-ETRE, PENSEZ-Y, LES BUCHERS NE SONT JAMAIS ETEINTS, ET LE FEU, POUR VOUS, PEUT REPRENDRE. »




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